Nous ne sommes pas tous habitués aux coutumes et au mode de pensée japonais. Or bien que ceux-ci soient très différents de nos références, il convient d'en assimiler une partie pour que les relations entre les personnages de Soleil Rouge soient les meilleures possibles. Il semble évident qu'un courtisan devra y faire encore plus attention, et les subtilités des relations sociales seront indiquées quand c'est possible en italique.
Pour les plus pointilleux, un manuel de savoir-vivre détaillé existe
Si l'honneur et la manière de se comporter à Soleil Rouge ressemblent beaucoup au Japon, ce n'en est qu'une pâle copie beaucoup simplifiée et teintée d'occidentalisme (notamment au niveau du "code de l'honneur") afin d'être jouable, tout simplement.
Il y a fondamentalement 2 aspects à l'honneur, distincts mais complémentaires. Le premier concerne la "face" ou respectabilité, la réputation presque. C'est l'aspect le plus proche de l'honneur oriental. Mais il y a également un aspect plus occidental à l'honneur, fait de loyauté, de sens du devoir et de courage.
Sauver les apparences
Si la loyauté envers son Daimyo et donc son
clan sont réelles, il faut se souvenir que toutes les relations sociales reposent sur un même principe : Sauvegarder les apparences. On n'exprimera donc jamais ses émotions qu'avec retenue.
Aucune femme ne rirait aux éclats en public ou ne fondrait en larmes. Par contre, faire rouler une larme unique sur sa joue pourrait être particulièrement troublant.
Sur le même principe, il conviendra de ne pas faire remarquer en public à un proche qu'il se comporte mal, car cela attirerait l'attention sur ses actions mais également sur soi. "Ce que l'on ne voit pas ne nous déshonore pas" dit-on.
Il conviendra souvent de faire mine de ne pas avoir vu ou entendu. Il est aussi possible de tourner le dos à une scène de ce type, montrant ainsi sa désapprobation sans être assimilé à ce mauvais comportement.
Un courtisan habile pourrait également s'arranger pour faire réagir un adversaire à une telle scène pour le déshonorer.
Le code de conduite
Un homme qui respecte sa parole, son clan, son Daimyo est honorable.
Un homme qui sait où se trouve son devoir et l'exécute sans trembler est honorable.
Ici, il ne s'agit pas d'apparence. Si vous assassinez dans un coin sombre un samuraï vous ayant manqué de respect (à vos yeux du moins), vous perdrez de l'honneur. Pas à cause de l'opprobe publique mais parce que viscéralement, c'est interdit par le code de conduite de votre caste qu'on vous a inculqué depuis l'enfance.
De la même façon, un samuraï ne fuit pas un combat, n'attaque pas à plusieurs un adversaire honorable, ne vole pas et d'une manière générale, ne se comporte pas "mal".
Le salut
Le salut est une courbette. Celle-ci sera plus ou moins prononcée selon la différence de classe sociale entre vous et la personne saluée. On conseille de s'agenouiller et de poser son front au sol devant son Daymio, et naturellement devant l'Empereur.
Il convient lorsque l'on est salué par quelqu'un de même rang que soi, de s'incliner selon la même amplitude.
Naturellement, même le salut peut permettre d'exprimer des choses. On peut l'approfondir en signe de gratitude ou le réduire pour frôler l'irrespect.
Le respect
On attend d'un subordonné le
respect. Cependant vis à vis d'un groupe extérieur, les marques de respect hiérarchiques s'effacent.
Si un supérieur doit reprendre un subordonné, il conviendra de le faire à l'intérieur du groupe. Plus le nombre de personnes présentes est important, plus la critique sera grave.
Critiquer un membre de son clan en présence d'extérieurs risque de faire rejaillir le déshonneur sur tout le clan. Prudence donc au moment d'exprimer son mécontentement.
La hiérarchie sociale pourrait se découper ainsi :
L'Empereur
Le Shogun
Les Daimyos
Leurs Karos
Les Shunos
Les samuraïs
Les classes moyennes
Les Paysans
Il convient de ne pas oublier que les samuraïs sont l'élite de chaque clan et non pas des paysans de base. Ils portent le sabre comme signe distinctif de leur caste et peuvent mettre à mort des inférieurs s'ils estiment que ceux-ci leur ont manqué de respect.
La gloire
Deux samuraïs sont donc de même rang social. Comment savoir qui donc peut prétendre avoir la préséance sur l'autre ? On utilise pour cela leur gloire respective, leur réputation.
Il conviendra de saluer avec respect, même s'il fait partie d'un autre clan, un samuraï ayant gagné 100 duels par exemple, quand on vient soi-même seulement de passer son gempukku.
Un courtisan habile pourra tenter de répandre la rumeur que cette réputation est usurpée, mais plus elle sera élevée, plus il risque d'échouer. Inutile de dire que dans ce cas c'est sa réputation à lui qui sera mise à mal.
Le duel
Quand un samuraï estime son honneur bafoué, il peut essayer de le recupérer en provoquant l'autre samuraï en duel. Il ne s'agit plus ici d'un vulgaire combat pour défendre sa vie, mais bien de prouver que son honneur est sauf. Il se peut même que la conclusion du duel soit la
mort de l'offensé, mais dans ce cas, le samuraï récupère néanmoins son honneur.
Empêcher un duel signifierait priver un samuraï de son droit légitime à recouvrer son honneur. Il conviendra donc au courtisan souhaitant intervenir de persuader les protagonistes qu'il n'y a pas eu offense et donc pas de perte d'honneur d'un côté comme de l'autre.
Naturellement, le duel peut servir également de prétexte pour se débarasser d'un adversaire. Heurter le fourreau du sabre d'un samuraï peut suffire.
Un courtisan, plus habitué aux joutes verbales de la cour peut demander à un samuraï de se battre à sa place pour se débarasser d'un encombrant samuraï. Il a également la possibilité de demander à un Hitokiri de le faire. Dans ce dernier cas, il est préférable que cette action reste secrète.
L'haleine
Les gens polis ne souillent pas de leur haleine les personnes d'un rang supérieur au leur. Il en va de même des femmes vis à vis des hommes. C'est pourquoi on a l'habitude de tenir un éventail ou la main près de sa bouche lorsqu'on parle ou que l'on rit.
Entrer dans une maison
Il existe plusieurs règles de courtoisie dans la maison, du plus grand palais à l’humble chaumière. En entrant dans une maison, les individus polis retirent leurs sandales et marchent en chaussettes. Les sols ne sont pas cirés, ou lavés, mais sont balayés ou recouverts de tatami (nattes en paille) : la seule façon de les protéger de la dégradation et de la saleté de l’extérieur est de laisser ses souliers à la porte.
L'étiquette de l'épée
Chez un ami, un samouraï retire son katana dans la salle d’entrée et le place sur le râtelier prévu à cet effet. Chez un étranger, le samouraï pose son katana devant lui lorsqu’il s’agenouille sur le tatami. S’il est posé sur sa droite, de manière à ne pas pouvoir être dégainé facilement le samouraï affirme implicitement qu’il a confiance en son hôte. S’il la pose sur sa gauche, il laisse entendre qu’il se méfie de son hôte ou que ce dernier doit se méfier de lui. Si l’invité passe dans une autre pièce ou même dans un autre coin de la salle où il se trouve, il emmène son épée. Le wakizashi reste dans son obi, car il est trop court pour le gêner lorsqu’il s’agenouille.
Il est très impoli de poser le katana garde en avant, de manière à ce qu’elle soit face à l’hôte, car cela laisse entendre qu’il est trop maladroit avec cette arme pour s’en emparer et constituer un danger. Il est impoli de la part de l’hôte de porter des épées lorsqu’il reçoit un invité, mais elles se trouvent généralement non loin de là, sur leur râtelier.
Il est très impoli de marcher sur l’épée de quelqu’un au lieu de la contourner ou de la toucher sans la permission de son propriétaire. Les samouraïs dont les fourreaux se touchent par hasard dans les rues encombrées d’une ville dégainent souvent immédiatement et tentent de s’entre-tuer pour effacer l’insulte.
Lorsqu’un samouraï entre dans un théâtre ou dans le quartier des geishas, il laisse ses épées à l’extérieur.
On parle quelquefois de l’épée d’un samouraï comme de son Âme. Son katana et son wakizashi sont généralement des dons de son seigneur, que ce soit directement ou par l’intermédiaire de l’ancêtre qui les a reçus à l’origine. Perdre son épée ou se la faire voler est une honte qui ne peut être effacée que par le suicide.., ou la récupération de l’arme.
Tout insulte faite à l’épée est une insulte au porteur de l’arme et ne peut être vengée que par l’utilisation de l’épée. Même toucher le fourreau de l’arme d’un Samouraï est une insulte entraînant un combat. Les rues surpeuplées peuvent alors se transformer en champ de bataille si deux guerriers, dont les fourreaux se sont heurtés quand ils se sont croisés, dégainent leur arme pour venger l’insulte.
Le Katana est porté dans le obi. Quand il est porté sans intention d’être utilisé, le tranchant de la lame est orienté vers le sol. C’est un signe d’intention pacifique, car dégainer en «Iaijutsu», une attaque soudaine, est impossible avec l’arme dans cette position. Porter l’épée avec te tranchant vers le haut est la position normale d’utilisation. Prendre l’arme et la tourner en position de combat, en abandonnant la position «paisible», est considéré comme un geste de défi.
En entrant dans une maison, la courtoisie demande que le Samouraï retire le Katana de sa ceinture, toujours dans son fourreau, pour le laisser à l’entrée. Dans les maisons nobles ou riches, une servante attend à la porte pour recevoir les armes. Celles-ci sont rangées dans un râtelier spécial, et sont rendues à leur possesseur quand il part. Dans une maison amie, un visiteur retira son Wakizashi quand il s’assoit face à son hôte, le posant à côté de lui. Dans une maison où la situation est plus tendue, l’invité garde son arme la plus courte.
En présence d’un Daimyo, seuls ses gardes personnels et ses fidèles les plus éprouvés ont le droit de garder leur Katana. Une des plus grandes marques de confiance qu’un Daimyo peut accorder est le droit de venir en sa présence en étant complètement armé.